Et nous voici à
Blenheim, dans notre nouveau wwoofing pour une semaine. C'est Deborah
qui nous accueille, avec son fils Tom (10 ans) et sa fille Sienna (4
ans). Son mari et son fils aîné sont absents, le premier car il
travaille à Abbu Dabhi, le deuxième car il est interne à
Wellington. Dans une style complètement différent de notre
précédent wwoofing, on passe néammoins une semaine très appréciée
de tous. Faut dire qu'avec une piscine à 28°, un travail
d'entretien de la maison plutôt agréable, des bons petits plats
mitonnés par Deborah et la compagnie vraiment sympathique de nos
trois hôtes, on aurait pu tomber plus mal !
Deborah, la
quarantaine, s'est mise au wwoofing il y a peu ; on
est seulement ses deuxièmes wwoofers. Seule avec ses enfants, elle
est parfois bien occupée pour s'occuper de tout son monde et de sa
grande maison avec potager, fruitiers, volailles et son crazy dog
« Shep », qui court et jappe sans arrêt après son ombre
et toutes celles qui croisent son chemin. Toute la famille a vécu
pendant deux ans à Abbu Dabhi, mais Deborah a préféré rentrer
l'année dernière alors que son mari a choisi de rester là-bas.
Elle ne supportait plus, pour elle ni pour ses enfants, cette vie
artificielle dans un pays où tout est démesuré et climatisé à
cause de la chaleur intenable (30 ° l'hiver, jusqu'à 50° l'été),
où les chameaux ne marchent plus dans le désert mais sont
transportés en pick-up sur des autoroutes à 6 voies de chaque côté,
où on construit des stations de ski artificielles, où on met de la
glace dans les piscines pour les tempérer, où sa fille a passé
deux des trois premières années de sa vie confinée à l'intérieur
sans respirer le « vrai » air frais ni voir une fleur, un
fruit ou un légume pousser. Bref, elle a préféré donner à ses
enfants une autre image de la vie et d'autres valeurs en rentrant en
Nouvelle-Zélande. Par contre, c'est maintenant la vie familiale qui
est plus difficile avec un papa qui n'est pas là …
Son fils Tom
s'est vite adapté à notre présence et surtout à celle d'Hugo,
avec lequel il a partagé sa chambre et de très bonnes cascades,
pirouettes et cacahuètes aux moments de se baigner.
Quant à
Sienna, passé le premier quart d'heure d'intimidation, elle nous a
par la suite sorti le grand jeu en étant, je pense, plus bavarde et
raisonneuse qu'Adèle en grande forme... C'est dire...
Le tout dans
une maison perdue au milieu des vignes, car la région de Blenheim
est devenue en 30 ans la première région productrice de vin de
renommée maintenant internationale (essentiellement du blanc).
Voilà pour les
présentations.
Pour ce qui est
du travail, car malgré tout on a travaillé, pas mal de désherbage
(on commence à avoir l'habitude), de peinture (aussi), de
gardiennage d'enfants, d'entretien des abords de la maison et la
construction d'un superbe portail pour empêcher le chien d'aller
chercher son ombre dans le potager. Et bien sûr poursuite du
programme scolaire pour nos deux écoliers buissonniers, mais ils
n'ont pas pu aller à l'école locale cette fois, en raison
d'effectifs déjà bien chargés et d'une semaine au programme
inadapté. Le tout en 5 jours qui sont passés très vite, mais on a
là-aussi une piste concrète pour revenir en avril, alors...
Au rayon des
anecdotes, commençons par la plus tragique et dramatique : Hugo a
failli se perdre. Par une belle soirée d'été comme on n'en fait
pas trop en ce moment en Aveyron ou en France, Raphaël décide
d'aller promener le chien jusqu'à la rivière (afin qu'il lâche un
peu son ombre) accompagné des deux gars en vélo. Un aller sans
problème, si ce n'est le chien qui veut toujours aller plus vite que
son ombre, et du coup que sa laisse, et du coup de ce qu'il y a à
l'autre bout de la laisse... Mais bon, on s'en est sorti sans trop de
casse.
Pour le retour,
les deux gars choisissent de continuer un peu plus loin puis de
reprendre le chemin de la maison. Tout va bien jusque là, sauf
qu'« à'mment donné » Hugo décide de rentrer seul,
après avoir dit à Tom qu'il reconnaîtrait le chemin. Mais dans les
vignes, tous les chemins ne mènent pas à Rome... et Hugo ne
reconnaît pas son chemin. Inquiétude grandissante, pédalage
forcené, appel au secours en anglais « I am lost ! »,
demi-tour, re-pédalage forcené pour finalement retomber sur Tom !
Ouf ! Quel soulagement ! Une petite frayeur vite effacée par la
« tartiflette » sans reblochon made by Sophie engloutie
par la suite et la fondue de fruits au chocolat...
Voilà pour
cette semaine que nous avons baptisée « wwoofing de luxe ».
Nous sommes
maintenant à Takaka dans la Golden Bay, sans wwoofing ; ce n'est pourtant pas
faute d'avoir essayé mais la demande a l'air plus importante que
l'offre en ce moment dans cette partie Nord de l'île du Sud. Et même
si ça doit soulever des sourires et des sarcasmes, on ose : on a
bien mérité ces quelques jours de vacances non ? Au programme :
rien. Grasse mat, travail scolaire, lunch, après-midi sur la plage
avec au choix : trotter (un peu), bouquiner (beaucoup), se baigner
(passionnément), constructions à base de bois flotté sur la plage
(à la folie), se gratter après les piqures de sand-flies (pas du
tout normalement, mais un peu quand même).
| Pause plongeons sur la route, à Pelorus Bridge |
| Nelson, ses piétons particuliers |
Mais tout ayant
une fin, le troisième jour vint la pluie. Une bonne grosse pluie qui
mouille tout en 3 secondes et qui fait dire plein de gros mots quand
on est en camping.
Après un
pliage de tente mouillée sous la pluie, nous voici au nord de la Golden Bay, près de Farewell Spit (comme une tête de Kiwi), dans une caravane
louée à attendre le redoux prévu pour le lendemain afin de faire
sécher toutes les affaires et de pouvoir se balader dans le coin,
très beau du reste. Il paraît même qu'on peut voir le Taranaki par
beau temps... s'il est lui aussi dégagé, ce qui n'est pas une mince
affaire ! On ne l'a pas vu...
Cette semaine,
on retourne près de Christchuch (qui vient de célébrer le premier
anniversaire du big tremblement) pour une semaine de wwoofing chez
des hôtes que connaissent bien les Vayssettes de Caplongue : c'est
là que Jean-Charles a passé quelques mois l'année dernière.
Et ensuite, on
retrouve Vincent et Cathy pour une bonne quinzaine en leur compagnie.
Hum ! Ca commence à sentir le « chez nous » tout ce
programme !